Desperate jobless – Couver quelque chose

Desperate jobless

Voilà une petite anecdote que je voulais vous raconter depuis un bail mais que je n’avais pas pris le temps de dessiner… La preuve en images que la vie de chômeuse n’est pas un long fleuve tranquille !

Après avoir postulé pour un poste au sein d’une association que je ne citerai pas, j’étais sans nouvelles. Situation classique. Je pense qu’un employeur sur 50 prend le temps de vous répondre quand vous ne faites pas l’affaire.

Mais comme ce poste m’intéressait vraiment, j’ai fini par appeler la structure concernée pour savoir où en était le recrutement. Manque de bol, je tombe sur le répondeur. Je prends alors ma voix la plus doucereuse (imitation inconsciente de Fanny Ardant selon mon mec) pour laisser un message vocal afin de savoir où en est ma candidature. Et là, au beau milieu de ma diatribe bien ficelée, l’alien déboule en hurlant…

Mon réflexe numéro un (débile, on est d’accord), c’est de lui crier de se taire. Puis d’attendre la fin du répondeur pour effacer le message et le ré-enregistrer.

J’attends donc, en essayant de faire abstraction du slip mouillé brandi par l’alien, dont le pantalon est baissé jusqu’aux chevilles. (je vous ai épargné cette vision dans mon dessin, pour respecter son intimité et votre sensibilité…)

J’attends une minute.

Deux minutes.

Trois.

Quatre minutes.

C’est long quatre minutes de silence.

Et là, c’est le drame.

Je réalise que ce répondeur ne permet pas d’effacer les messages, avec la sympathique touche # qui sauve bien la vie quand on a laissé un message haineux à un ex à 5 heures du mat’… J’entends un fatidique « Votre message a bien été enregistré » et le téléphone coupe la conversation.

Moment de loose extrême. Je viens de laisser un message de cinq minutes digne d’un mauvais one man show sur lequel j’engueule mon fils alors que la structure pour laquelle je postule est un lieu d’accueil parents/enfants prônant la bienveillance, Montessori et compagnie. Je me sens tellement mal que je rappelle, retombe sur le répondeur et laisse un nouveau message pour m’excuser en tentant le 54ème degré, la dernière chance de sauver mon honneur.

La légende ne dit pas si ce message vocal m’a coûté ce poste qui me plaisait vraiment mais une chose est sûre, je ne l’ai pas décroché. Et je n’ai plus jamais passé d’appel de ce type les mercredis après-midis…

Comme quoi, on fait aussi mille choses à la fois quand on est au chômage. On court après le temps, on galère à jongler entre la recherche d’emploi, l’éducation des enfants et la mise en route de nouveaux projets. On ne vit pas « bien » quand on est au chômage, on ne préfère pas glander plutôt que de retourner bosser. C’est plutôt tout l’inverse ! On est angoissé en permanence de ne pas pouvoir se projeter dans l’avenir. On oscille entre l’espoir à chaque nouvelle candidature et la déception quand on reçoit un refus bidon alors que le poste était fait pour nous. On se remet en question, on perd confiance parfois, on a envie de changer de voie. Mon quotidien de chômeuse est bien loin de l’image idyllique de la larve vautrée sur son canapé profitant de ses allocs en toute sérénité que nous vendent ces chers réseaux sociaux. Depuis que je suis au chômage, je me suis investie bénévolement dans une association pour faire bouger mon territoire et offrir un peu de mon savoir-faire à ses habitants. J’ai monté un projet qui verra bientôt le jour et qui me demande une masse de travail que je crois ne jamais avoir abattu avant en si peu de temps. Tout en continuant à chercher activement du travail.

Avec seulement vingt-cinq heures de « vraie liberté » par semaine, il faut être très efficace et organisée pour caser tout ça pendant que l’alien est à l’école. Finalement, j’ai l’impression de courir en permanence, exactement comme quand je travaillais. Avec une différence majeure, que j’apprivoise peu à peu : la difficulté de cloisonner travail et vie personnelle quand on bosse à la maison. Bref, contrairement à mon statut officiel au sein de la société, je n’ai pas la sensation de chômer et je suis vraiment en rogne dès que je lis les bullshits habituelles opposant « la France qui travaille » aux « parasites vivant aux crochets de l’état ».

Fini le coup de gueule et place à l’avenir : j’ai hâte de vous raconter par ici le gros projet qui m’a beaucoup monopolisée ces dernières semaines… J’ai encore des semaines bien chargées devant moi pour lui permettre de voir le jour mais je suis fière de pouvoir partager bientôt ce travail avec vous. Les plus curieux peuvent s’abonner à cette page Facebook pour ne rien louper de cette nouvelle aventure…

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